Production et usage des sphéroïdes au Paléolithique Inférieur - Julia Cabanès

 « Production et usage des sphéroïdes au Paléolithique Inférieur en Europe et Afrique : approche comparative et intégrative d’objets énigmatiques et emblématiques. »  sous la direction de Marie-Hélène Moncel, directrice de recherche CNRS au MNHN (France) et Javier Baena, professseur à l’Université de Madrid (Espagne

Entretien avec Julia Cabanès, lauréate d'un contrat doctoral OPUS en 2020

Julia Cabanès, doctorante

Diplômée du master Évolution, Patrimoine Naturel et Sociétés du MNHN (Muséum national d’Histoire naturelle) à Paris, le parcours académique de Julia Cabanès associe depuis la licence les sciences naturalistes et les sciences humaines et sociales.

Cherchant à mieux connaître les traces comportementales laissées par l’Homme, elle s’intéresse tout particulièrement aux outils préhistoriques.

Elle s’est ainsi spécialisée dans la tracéologie, l’étude des traces sur les outils.

D'énigmatiques polyèdres, sphéroïdes et bolas

Un voyage d’étude sur l’île de Java en Indonésie l’amène à découvrir des objets énigmatiques : des bolas.

Présents en Afrique, Asie et moins fréquemment en Europe , les polyèdres, sphéroïdes et bolas sont des objets en pierre, cubiques à ronds. Parmi les plus anciens objets manufacturés par l’Homme il y a 2 millions d’années, leur fabrication s’étale sur plus de 1,5 millions d’années.

De nombreuses hypothèses quant à leurs utilisations ont été faites. Percuteur pour des activités de boucherie et de broyage des végétaux ou bien reste d’un bloc de pierre après qu’on en ai prélevé des éclats, leurs usages restent encore mystérieux.

De nombreuses hypothèses

L’objet de la thèse de Julia Cabanès est d’une part de comprendre les rôles, modes d’utilisation et de fabrication de ces objets. D’autre part, il s’agira d’apporter des hypothèses quant aux raisons de leur rareté en Europe. Elle s’intéressera aussi aux modes de dispersion des groupes d’hominidés et de leurs traditions, puisque ces objets se déplaçaient avec les populations qui les adaptaient à leurs besoins.

La question sera abordée par la confrontation d’approches expérimentales, archéologiques et ethnographiques.

Première année de thèse

Julia Cabanès a commencé dans sa première année de thèse par la réalisation d’une base de données archéologique à partir de la littérature scientifique sur le sujet et d’informations recueillies auprès des chercheurs.

En parallèle, un travail sur des pièces archéologiques et expérimentales ayant pour objectif de comprendre leur mode de fabrication et leurs usages éventuels a été entamé.

Bien-sûr la pandémie de Covid-19 a impacté son projet doctoral, mais Julia Cabanès garde l’espoir de pouvoir aller étudier des collections archéologiques dans le Sud-ouest de la France, puis en Espagne très prochainement, pour poursuivre ses analyses.