Des musées et des masques

OPUS entame le tour virtuel de 4 musées dont les collections conservent des masques.

  • Du au

  • 16:30 - 18:30

  • Conférence à distance

A l’automne 2021, OPUS entame le tour virtuel de 4 musées dont les collections conservent des masques.

Des masques africains, océaniens, japonais et européens sortent de leur réserve pour s’exposer au regard et à l’analyse de leur conservateur et des chercheurs de l’Alliance Sorbonne- Université.

Un événement en ligne pour faire le tour des musées et des masques avant d'aller à leur rencontre dans les musées.

Programme

Des masques au musée des Confluences
Mardi 12 octobre à 16h30

« Des masques du théâtre nô dans les collections du musée des Confluences»
- Deirdre Emmons, chargée des collections Asie, Musée des Confluences

Si les premiers masques japonais remontent à Émile Guimet et son projet de création d’un musée des religions à Lyon à la fin du 19e siècle, le musée des Confluences a acquis de nouveaux masques ces dernières années. Portés lors des pièces de théâtre nô, chaque masque rentre dans une catégorie particulière. Leur expression figée prend vie par le jeu des acteurs avec la lumière. Ils prennent place aujourd’hui dans les espaces d’exposition permanente en invitant le visiteur à se questionner sur l’expression de ces émotions.


Deirdre Emmons, responsable des collections asiatiques au musée des Confluences, Lyon, gère une collection de plus de dix mille objets provenant de toute l'Asie et couvrant les périodes de l'âge du bronze jusqu’à nos jours. Sino-ethnologue de formation, elle a publié de nombreux textes sur de l’origine des collections du premier musée Guimet de Lyon jusqu’au musée des Confluences, en passant par le muséum d’Histoire naturelle à Lyon. Elle valorise les collections asiatiques dans de grandes expositions : Les trésors d’Emile Guimet en 2014, Yokainoshima, esprits du Japon en 2019, Le monde en tête sur la donation de coiffes d’Antoine de Galbert en 2020.

« Le masque, du rituel au théâtre »
- François Picard, chercheur à l’IReMus - UMR 8223, Sorbonne Université

Le masque cache, il montre. Superbe objet d’artisanat, le masque de Nô entretient des rapports qui méritent d’être questionnés et explicités avec l’exorcisme, la représentation, la religion et l’art. Les lointaines relations avec la Chine et ses démons ne suffisent pas à définir sa fonction ni sa signification. En ethnologue, François Picard se posera moins la question de la symbolique ou des pouvoirs du masque que de découvrir qui en discute, qui les définit.

François Picard a étudié et travaillé dans le théâtre (masques, clowns, marionnettes, lumière, sonorisation, musique), à l’opéra, à la radio. Un séjour d’un an en Chine, de longues études et de nombreux séjours ont fait de lui un ethnomusicologue spécialiste de la Chine qui s’intéresse aux rapports entre temple et lieux de partage et de divertissement. Il a également travaillé au Népal, en Indonésie, aux Philippines. Professeur d’ethnomusicologie à Sorbonne Université, membre du CNRS, il a été président de la Société française d'ethnomusicologie.

Retrouvez la vidéo de la conférence sur la chaîne Youtube d'OPUS

 

 

Des masques au musée du Quai Branly – Jacques Chirac
Jeudi 21 octobre à 16h30

« Sakinemenen, la plus belle femme du monde : un masque de femme de Papouasie-Nouvelle-Guinée »
- Nicolas Garnier, responsable de l’unité patrimoniale Océanie – Musée du Quai Branly Jacques Chirac

Les Chambri du Nord de la Papouasie-Nouvelle-Guinée fabriquent des masques d’une extrême complexité qu’ils appellent du nom générique Sakinemenen (littéralement la femme-être surnaturelle). Le masque est composé d’une multitude d’objets précieux et ancestraux appartenant à des sections de clans. La possession de tels objets, au sein d’une société égalitaire comme les Chambri, constitue la seule marque politiquement distinctive. La création de ce masque entremêle des considération politiques, esthétiques en même temps qu’une réflexion sur le genre et la manière dont les hommes s’imaginent et recréent la femme idéale. 

Nicolas Garnier est responsable de l'unité patrimoniale Océanie - Insulinde au musée du quai Branly - Jacques Chirac à Paris. Il travaille avec les Chambri de la région du Sepik en Papouasie-Nouvelle-Guinée depuis le milieu des années 1990. Il a travaillé pendant 15 ans à l'University of Papua New Guinea.

 

Le rituel de la Nouvelle Fille chez les Ticuna : un rituel d’initiation des jeunes filles
- Clémence Mathieu (Musée international du Carnaval et du Masque)

La sortie des masques dans la communauté Ticuna, qui vit en Amazonie, à cheval sur le Brésil, la Colombie et le Pérou, n’a lieu qu’à deux occasions spécifiques, la Fête de la Nouvelle Fille (rituel d’initiation organisé à l’occasion des premières menstruations d’une ou plusieurs jeunes filles) et la Fête des Enfants (vers 5 ans, fête qui marque le passage de l’état de bébé à l’état de jeune garçon ou jeune fille). Ces deux fêtes cristallisent le moment où les esprits se manifestent et permettent de rejouer les mythes fondateurs Ticuna et de refonder l’ordre social. Ainsi, la purification et la renaissance de la jeune fille rejaillit sur toute la communauté qui renait également symboliquement lors du rituel.

Clémence Mathieu est directrice et conservatrice du Musée international du Carnaval et du Masque (Binche, Belgique). Formée en histoire de l’art et en conservation du patrimoine, elle s'oriente ensuite vers l'ethnologie. Depuis 2014, elle mène des recherches ethnologiques sur les rituels masqués à travers le monde ainsi que sur les carnavals et mascarades en Europe.

 

Conférence en ligne

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Des masques au musée d'Angoulême
Jeudi 28 octobre à 16h30

Masques et modernité
- Emilie Salaberry, directrice du service des musées, archives et artothèque de la Ville d'Angoulême.

Le masque au scooter Gouro (Côte d'Ivoire) conservé au Musée d'Angoulême est un bel exemple de productions artistiques modernes du continent, qui illustre les formes et voies par lesquelles les pratiques culturelles des populations évoluent avec le temps et ce qui se joue en terme de mutation des sociétés. Ces objets bien "authentiques" par leur usage, brouillent les canons stylistiques établis par l'Occident et troublent par là même leur juste appréciation.


Emilie Salaberry s'est spécialisée, dès sa première année d'études supérieures en histoire de l'art, dans les arts d’Afrique. Elle a, suite à ses études, assuré des cycles de conférences et visites guidées sur les arts d'Afrique et d'Océanie, exercé les fonctions de consultante à l'unité Afrique du Centre du Patrimoine mondial de l'UNESCO puis fut en charge de la gestion d'une collection privée d'art extra-européen avant d'être recrutée comme chargée des collections extra-européennes au Musée d'Angoulême. Elle a été nommée, en novembre 2017, directrice du service des musées, archives et artothèque de la Ville d'Angoulême.

Le masque en Afrique. Une interface entre plusieurs mondes
- Manuel Valentin, maître de conférences HC au Musée de l’Homme / MNHN 

La pensée occidentale utilise depuis plusieurs siècles le terme de masque pour désigner une catégorie d’objets matériels qui, en Afrique au sud du Sahara, ne sont que des éléments d’un ensemble beaucoup vaste, tant du point de vue visuel, et plus largement sensoriel, que de la diversité des concepts qu’ils matérialisent et transmettent.  Le « masque » en Afrique interroge notamment sur la capacité du corps à se transformer et à agir sur les autres en brouillant les frontières entre les mondes animal, humain et surnaturel.

Manuel Valentin, maître de conférences HC au Musée de l’Homme / MNHN  (UMR 208), est anthropologue et historien des arts africains.  Il est depuis 2018 responsable scientifique des nouvelles collections d’anthropologie culturelle. Il enseigne l’histoire des arts africains, la muséologie et l’anthropologie de l’objet dans plusieurs institutions, notamment à l’École du Louvre, et à l'Université de Paris 7. Ses recherches portent actuellement sur les couleurs en Afrique ainsi que sur l'histoire passée et présente de la bouteille d’eau dans le monde.

Des masques au Musée de Binche
Jeudi 4 novembre à 16h30

 

Hommes de feuilles dans les mascarades en Europe : esprits de la nature et rituels de renouvellement des saisons 
- Clémence Mathieu (Musée international du Carnaval et du Masque)

 

Cette présentation permettra de s’attarder sur le rôle des costumes de feuilles que l’on rencontre dans de nombreuses mascarades européennes, et qui semblent remonter aux racines de notre humanité. Le sens général de ce ces mascarades européennes sera également abordé, afin de comprendre ce qui motive leur pratique sans cesse renouvelée.

Clémence Mathieu est directrice et conservatrice du Musée international du Carnaval et du Masque (Binche, Belgique). Formée en histoire de l’art et en conservation du patrimoine, elle s'oriente ensuite vers l'ethnologie. Depuis 2014, elle mène des recherches ethnologiques sur les rituels masqués à travers le monde ainsi que sur les carnavals et mascarades en Europe.

Du sumbo de feuilles au sumbo de tissu : le masque en pays bwaba (Burkina Faso)
- Anne Fournier (IRD, MNHN) et Camille Devineau (CNRS, MNHN, Université de Paris)

Chez les Bwaba du Burkina Faso (Afrique de l’Ouest), il existe plusieurs types de sumbo (masques rituels), dont des masques de feuilles et des masques de tissu. Ces masques peuvent sembler très différents au premier abord. Partant de l’opposition entre ancêtres et génies de brousse, nous proposons quelques clés de lecture pour en comprendre la signification

Anne Fournier est chercheur à l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) et à l’UMR 208 (PALOC). Elle a d’abord étudié l’écologie des savanes d’Afrique de l’Ouest (flore, structure, production) en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso. Depuis une quinzaine d’années, elle mène des recherches ethnologiques sur l’usage rituel des espèces et milieux végétaux chez les Bwaba et les Sèmè du Burkina Faso.

Camille Devineau est chercheur associé aux UMR 7186 (LESC) et UMR 7206 (Éco-anthropologie). Docteur en anthropologie, elle est spécialisée en ethnomusicologie et anthropologie de la danse. Son domaine d’intérêt principal est le rapport entre l’homme et l’invisible. Après un travail de thèse en pays bwaba au Burkina Faso sur le rituel des masques blancs et un enseignement en anthropologie de la danse, elle élargit maintenant son champ de recherche à l’anthropologie du corps et à d’autres pratiques masquées et dansées impliquant un rapport à l’invisible.

Conférence en ligne
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Prochaine conférence

Vidéos des conférences précédentes

Retrouvez en vidéo la séance du 12 octobre 2021 : "Le musée des Confluences et les masques"

Le musée des Confluences et les masques - 12 octobre 2021